mardi 10 avril 2007

Mon eau à moi et 4e extrait

Grosse journée. La tête me tourne, j'ai l'impression d'abriter un manège de neurones tamponneuses dans mon crâne. Les pensées se reproduisent entre elles et ne font pas toujours bon ménage.
Je donnerais mon royaume pour une bouteille d'eau sans goût de chlore et sans odeur de marécages mais hélas, je crains qu'il n'intéresse plus personne car je m'assèche.
Je suis assez difficile en ce qui a trait au goût de l'eau.
C'est que voyez-vous, je viens d'Amos in Abitibi. Amos.... Ça ne vous dit rien?
Incultes.
Nous avons remporté à deux reprises le titre INTERNATIONAL de " la meilleure eau au monde "
C'est pas rien ça!
En effette...notre eau ( celle qui sort du robinet ) provient directement d'un esker qui passait là par hasard il y a des millions d'années.
Source inépuisable de pureté, cette eau nous a abreuvé toute notre vie nous Amossois et Amossoises et cela sans aucunement être traitée. Ni fluor,dérogation provinciale, ni chlore, ni rien du tout.
Comment voulez-vous que je boive une eau traitée chimiquement après avoir lapé pendant 39 ans le nectar le plus pur?
Parmelat, conglomérat italien, avait même investi dans la construction d'une usine d'eau embouteillée à St-Mathieu, petit village à 10 minutes d'Amos pour exporter cette eau primée. L'Esker qu'elle s'appelait. Les fan de star académie se rappelleront que c'était l'eau que buvaient les candidats. Ça n'a pas fonctionné, le marché de l'eau étant difficile à percer parait-il. Usine à vendre. N'empêche, jamais je n'ai bu une eau aussi bonne.
Bref, Beloeil je ne boirai pas de ton eau dussé-je en crever.

Océan mer

Puis, je suis arrivée ici. C'est difficile à expliquer. Mon mari pensait que c'était un endroit pour guérir. Mais guérir est un mot trop petit pour ce qui se passe ici. Et trop simple. C'est un endroit, ici, où tu prends congé de toi-même. Ce que tu es se détache doucement de toi, peu à peu. Et à chaque pas, tu le laisses derrière toi, sur ce rivage qui ne connaît pas le temps et ne vit qu'un seul jour, toujours le même. Le présent disparaît et tu deviens mémoire. Tu te défais de tout, tes peurs, tes sentiments, tes désirs: tu les conserves, comme des habits qu'on ne met plus, dans l'armoire d'une sagesse que tu ne connaissais pas, et d'une tranquillité que tu n'espérais pas. Est-ce que tu peux me comprendre? Est-ce que tu peux comprendre combien tout cela est beau?
Crois-moi, ce n'est pas une autre manière, juste un peu plus légère de mourir. Je ne me suis jamais sentie plus vivante qu'aujourd'hui. Mais c'est différent. Ce que je suis, désormais, est advenu: et cela vit en moi, ici, maintenant, comme un pas dans une trace, comme un son dans un écho, et comme une énigme dans sa réponse. Cela ne meurt pas, non. Cela glisse de l'autre coté de la vie. Si légèrement que c'est comme une danse.
C'est une manière de tout perdre, pour tout trouver.

Ce qui arrive à Elisewin rien que pour Benton

Elisewin resta dans le palais de Langlais pendant cinq ans. L'ordre méticuleux de ces pièces et le silence de cette existence lui rappellaient les tapis blancs de Carewall, et les allées circulaires, et la vie à peine frôlée que son père, un jour, avait arrangée pour elle. Mais ce qui était là-bas médecine et cure était ici sécurité limpide et guérison heureuse. Ce qu'elle avait connu comme refuge d'une faiblesse elle le redécouvrait ici comme forme d'une force cristalline. De Langlais, elle apprit que parmi toutes les vies possibles il faut en choisir une à laquelle s'ancrer, pour pouvoir comtempler, sereinement, toutes les autres. ...............Elle savait, quel que soit l'homme qu'elle aimerait qu'elle chercherait en lui la saveur d'Adam. Et elle savait qu'aucune terre ne recouvrirait, en elle, la trace de la mer.
Tout le reste était encore néant. L'inventer, c'est cela qui allait être merveilleux.

6 commentaires:

Medic a dit…

j'avoue que l'eau potable des petites municipalité ne sont pas dans les meilleures eaux que j'ai bu. Quand je suis arrivé à Gatineau je pensais que l'eau serait pas si pire que cela, erreur, elle n'est pas fameuse

bibconfidences a dit…

Ouain, j'ai un peu regretté d'avoir écrit que je crèverais plutôt que d'en boire car dans quelques décennies je crois que toute eau potable sera bonne à boire, goût dégueulasse ou pas...

Mme Prof a dit…

L'eau de Gratino est dégueu... Elle fait de drôles de bulles pas très...tentantes! Ça la rend opaque!
L'eau qui goûte... je seconde, c'est pas ragoutant!

Anonyme a dit…

Raymond Lévesque m'a fait comprendre qu'Amos, c'est loin en titi, par les paroles de cette chanson:

A part ça toute cette vase
Où se nourrisse les homards
Si elle est belle, si elle est grasse
Ce n'est pas le fait du hasard

Quand qu'on pense a toute les bécosses
Sauf peut-être celles de Amos
Qui se jette dans le St-Laurent
C'est pas l'travail du gouvernement


Finalement, si j'ai bien compris, Elisewin sait maintenant ce qu'elle veut!

bibconfidences a dit…

Mais c'est effrayant cette chanson!!! J'aime bien mieux celle de Raoul Duguay...Franchement...
Elisewin n'a pas eu le choix...Adam est mort. Pendu.
Demain j'aurai un petit extrait de sans sang. Mais après-demain, je culminerai avec soie...attache ta tuque.

Anonyme a dit…

C'est une chanson politique de Raymond Lévesque. Avec toutes les paroles et la musiques, elle est très humoristique! (En faisant attraction de la rime Amos/Bécosse pour toi) ;-)

J'attends la suite avec impatience...