dimanche 1 juillet 2007

Les robinets en laiton

C'est une invention du diable. Le pire c'est que c'est moi qui les ai installés il y a longtemps. Enfin, par moi j'entends « qui les ai fait installer ».
Je trouvais que le jaune doré du laiton se mariait mieux avec le vert limonade fraîche de ma petite salle d'eau.
Stupide femme superficielle que je suis. On est toujours punie de sa superficialité. Prenez Paris Hilton. Ou Martha Stewart.
Moi ma prison c'est le brossage quotidien avec une petite guenille et du brasso de mes robinets en laiton allègrement soupoudrés de gouttes d'eau issues d'un lavage de mains alléatoire sans essuyage sommaire de mes enfants. J'ai tout essayé; menacer mes enfants d'une coupure de câble s'ils ne passaient pas un petit kleenex sur les robinets après usage ( même sommaire ), passer moi-même avec le kleenex après eux, considérant que c'était moins fatiguant de le faire que consacrer 10 minutes par jour à enlever les taches, les faire frotter eux-mêmes les taches d'eau, ce qui n'a en rien amélioré l'allure des robinets. J'ai même dans une fièvre d'écoeurement profond, enlevé le savon de la salle de bain espérant les faire dévier vers le 2e étage pour un lavage adéquat des mains. "..." Ben oui, je sais, quel ado a besoin d'un savon pour se laver.
Bref, je suis revenue au bon sens et j'ai décidé de consacrer quelques dollars à l'achat d'une robinetterie cheapette ordinaire qui s'essuie sans problème avec de l'eau et un peu de vinaigre.
Reste à convaincre mon père de venir l'installer. Vu ma connaissance en plomberie DE MAISON, peu développée, j'hésite à me lancer moi-même dans cette tâche.
Un chum me direz-vous? Pfffffffffffff................J'ai tout essayé j'vous dis.
Pour en revenir à l'achat stupide de cette robinetterie en laiton ( cheapette aussi ) je dois dire que c'est une magnifique allégorie sur les choses inutiles que nous acquérons au nom d'une envie superficielle, pour ensuite le regretter amèrement. Le regret prend la plupart du temps la forme d'un compte de banque délesté de plusieurs dollars alors que la chose en question gît abandonnée ou molestée dans le fond d'un garde-robe ou encore, comme moi, il s'agit d'un matériel destiné à l'embellissement de notre vie ou de nos loisirs et qui, dans la réalité nous destine à un esclavage supplémentaire. Des exemples? Une roulotte, une deuxième résidence communément appelé chalet mais qui en réalité n'est que prétexte à magasiner une deuxième fois pour décorer un nouveau nid, une piscine, qu'il faut nettoyer ( mais ça, ça ne me dérangerait pas ), de nouvelles prothèses mammaires qui nous obligent à garder un corps d'enfer pour aller avec et ainsi s'abonner à un gym et suer et toutes ces choses qui coûtent cher et qu'on ne peut utiliser parce qu'il faut travailler deux fois plus pour les payer.
Bref, nous sommes drôles parfois, ce qui n'est pas pour autant prétexte à rire.
En vieillissant j'abhorre tout ce qui me donne du trouble. Tout ce qui complique ma vie. Tout genre de superficialité. Ce qui ne m'empêche pas de fondre de désir devant une paire de souliers craquants mais totalement inutiles. Le changement vient du fait que je ne les achèterai pas.
Je vieillis j'vous dis. Je deviens ennuyante. Je deviens intolérante quand j'entends les chroniqueuses de mode nous exhorter à acheter la nouvelle cuisinière à gaz viking pour le patio.
Par contre, ce qui est bien avec l'âge, le mien en tout cas, c'est que l'émerveillement demeure. L'émerveillement devant la vraie beauté, la bonté et la simplicité. Ces beautés que je n'ai pas besoin de posséder, celles qui se donnent et s'offrent généreusement. L'émerveillement est encore plus présent parce qu'élagué de toutes fatuités indésirables qui jadis polluaient mon esprit en me poussant à désirer posséder et à "montrer".
Si vous n'avez rien compris à ce que j'écris et que vous désiriez une robinetterie en laiton vous pouvez me contacter à mon adresse email.

* En cette journée de la fête du Canada j'ai une pensée pour les familles, les mères surtout, dont le fils ou la fille sont décédés en Irak. Cette traditionnelle fête du Canada revêt certainement pour eux un sens qu'ils ne lui avaient jamais donné. Je ne crois pas qu'aujourd'hui j'aurais le coeur à célébrer mon pays, ce pays où il fait si bon vivre comme tous ces hommes d'état canadiens nous le diront certainement.

6 commentaires:

Gooba a dit…
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J. RAFFE a dit…

Zut! Je viens de m'acheter de beaux robinets en laiton... Au secours, ai-je gardé ma facture??? :-)

Anonyme a dit…

Je partage vos pensées pour les parents de militaires tués en Irak (en Afghanistan plutôt), qu'ils soient canadiens ou Afghans. J'ai aussi une pensée pour les civils qui seront victimes de «dommages collatéraux».

En ce qui concerne les militaires qui s'embarquent, je reste indifférent. Je n'y vois aucun acte d'honneur, que de la naîveté assez bête. Aller se battre et tuer pour protéger un tuyau tansportant du gas ne constitue pas une raison pour risquer sa vie et celles des opposants. Ces jeunes, que je vois régulièrement, partent à l'aventure, c'est comme ça à toutes les guerres. Nous n'apprenons vraiment rien.

Au sujet des objets qui nous rendent esclaves, je me pose maintenant la question suivante: Cet achat facilitera-t-il la vie? Avec des ados à la maison, j'imagine que la réponse devient souvent évidente...

Accent Grave

bibconfidences a dit…

Cher accent grave, merci pour votre commentaire sur l'Irak, parfois je ne sais pas si j'ai les connaissances voulues pour énoncer une opinion sur des sujets aussi graves, mais pour ce qui est des sentiments d'un parent, je ne crois pas me tromper.
Pour les ados le commentaire tombe pile, je viens de piquer une crise parce que j'en ai deux qui se sont rués en trombe de la maison le visage rempli de la tarte au citron que j'avais fait la veille. J'ai pris le boyau et lorsqu'ils sont repassés près de moi en hurlant comme des enfants de 5 ans je les ai aspergés. Donc, un boyau est utile. Ils seront privés de tarte pour un bout de temps et ont transformé leur mère en une furie hurlante l'espace de quinze minutes. Si l'ado était une chose, je dirais qu'elle ne fait que nous compliquer la vie. Mais bon, pour le moment, ils sont encore mes enfants et je ne voudrais pour rien au monde les voir partir pour l'Irak. Il doit me rester encore quelques parcelles d'amour pour eux.

Zoreilles a dit…

Vraiment, vous êtes toujours délicieuse, Bibco!

Patience... et courage!

L'adolescence, ça finit par passer.

;o)

À bas les robinets de laiton et la tarte au citron, vive les boyaux d'arrosage!

Et pour émettre une opinion au sujet de nos militaires en Afghanistan, le sujet m'interpelle mais je ne me sens pas suffisamment « armée » pour expliquer ce que j'en pense, alors, j'ai grandement profité des réflexions de notre ami, Accent Grave.

bibconfidences a dit…

L'adolescence passe, les cheveux blancs restent!