Vacances merveilleuses, le soleil, l'évasion, l'immensité de l'océan, son mouvement, l'horizon, j'aurais voulu y rester toujours.
La réalité, la mienne, se trouvant plus près du Richelieu, me revoici à mon clavier.
La Presse et mon café, la radio et mes pensées, je retrouve ma vie.
Je lis Patrick Lagacé et j'ai une certaine irritation à lire une fois de plus que les montréalais sont un peuple et les banlieusards des piques-assiettes. On leur vole " leurs stationnements ", leurs "rues". C'est à croire que les gens du 450 comme certains montréalais nous désignent ont une tare pire que le kirpan à la ceinture.
Je ne me savais pas si différente des montréalais...
Faut croire que le racisme ne se contente pas d'émerger à la vue d'une peau noire ou d'une prière pas catholique, il se manifeste aussi devant un indicatif régional autre que le 514. Nous ne sommes pas si loin du populaire adage voulant que les immigrants soient des voleurs de "job".
Mon café refroidit.
Plus qu'une irritation, de la colère à la lecture de cette lettre écrite par une dame qui, faute de stationnement dans ce même bunker montréalais, ne peut accompagner son mari âgé à son traitement de chimiothérapie.
Je connais tout à coté de l'hôpital St-Luc tout un tas de condos qui vendent des stationnements au prix de 30 000$ et qui sont vides à soupirer alors que des gens malades partent de leur banlieue honteuse en auto faute de moyen de transport en commun inexistant chez eux et n'ont aucun endroit ou se garer une fois arrivés. Ne pourrait-on pas trouver un arrangement avec ces requins de la finance que sont les promoteurs immobiliers?
Mon café est froid, je pense trop.
Avais-je oublié tout ce qui ne tourne pas rond ici et ailleurs parce que j'étais en vacances.
Je vais aller voir le temps qu'il fait à Ogunquit. Je commence à apprécier la météo.
dimanche 19 août 2007
samedi 11 août 2007
dimanche 5 août 2007
Suite de:

http://bibconfidences.blogspot.com/2007/03/il-tait-une-fois.html
Édingway n'avait pas eu de toile à proprement parler. Il s'agissait plutôt d'un canevas de bois sur lequel un peintre amateur avait grossièrement étalé les couleurs primaires qui, juxtaposées les unes aux autres, donnaient un mélange de bruns ternes et sans relief, comme la personnalité du garçon.
Il en est ainsi des enfants échoués par hasard au milieu d'une histoire parentale plutôt décousue où deux adultes n'ont que faire d'une troisième entité dans ce noyau déjà si vieux qu'il en est tout égrené comme celui d'une pêche trop mûre.
Édingway avait eu en égard à son jeune âge la chance de ne pas comprendre les circonstances de sa naissance qui s'était déroulée de manière tout à fait horrifiante.
Il avait en effet connu la noyade avant même que son premier souffle ne gonfle ses petits poumons. Sa jeune mère violée depuis l'enfance par un oncle admirateur d'Edgar Allan Poe avait déjà donné naissance à deux petits êtres morts nés et considérait les douleurs de l'enfantement comme un simple prélude à la délivrance d'un fardeau incommodant. Son mal de ventre pas si différent des autres la conduisant toujours au même endroit, petite bête d'habitudes et de peu de moyens, elle accoucha au dessus de la cuvette de la toilette et, épuisée par tant d'efforts, se coucha tout à coté, liée à la porcelaine froide par le cordon ombilical qui palpitait encore.
C'est ainsi que sa mère, créature revêche et de peu de mots la trouva à son retour du travail, presque morte et au bout de son sang.
La mère que rien n'effarouchait, se signa pourtant à la vue de la petite chose ensanglantée qui flottait dans la cuvette.
Elle coupa le cordon déjà séché et releva sa fille qui, avec l'aide de sa mère, trouva la force de se rendre sur son lit.
Convaincue de la mort du nouveau-né, la mère s'occupa de la fille, la lava, la rhabilla et lui donna à boire. Puis, elle retourna à la salle de bain se demandant si cette fois, considérant la grossesse déjà avancée de sa fille, l'enfant aurait pu vivre. C'était par simple curiosité, aucun regret à cette pensée car la mère avait déjà tant de soucis et si peu de goût pour la vie que de s'occuper d'un autre enfant ne lui aurait apporté aucune joie.
Alors qu'elle plongeait les mains dans l'eau rougie de sang, elle s'étonna de la souplesse du petit corps et lorsque de celui-ci un tressaillement se fit sentir, son premier réflexe fut de rejeter la chose dans l'eau et tirer la chasse.
Le bon sens la fit aussitôt changer d'idée. Jamais le bébé ne passerait dans le tuyau d'évacuation.
C'est donc grâce à sa grande taille et à son poids plus que généreux qu'Édingway vécu.
Édingway n'avait pas eu de toile à proprement parler. Il s'agissait plutôt d'un canevas de bois sur lequel un peintre amateur avait grossièrement étalé les couleurs primaires qui, juxtaposées les unes aux autres, donnaient un mélange de bruns ternes et sans relief, comme la personnalité du garçon.
Il en est ainsi des enfants échoués par hasard au milieu d'une histoire parentale plutôt décousue où deux adultes n'ont que faire d'une troisième entité dans ce noyau déjà si vieux qu'il en est tout égrené comme celui d'une pêche trop mûre.
Édingway avait eu en égard à son jeune âge la chance de ne pas comprendre les circonstances de sa naissance qui s'était déroulée de manière tout à fait horrifiante.
Il avait en effet connu la noyade avant même que son premier souffle ne gonfle ses petits poumons. Sa jeune mère violée depuis l'enfance par un oncle admirateur d'Edgar Allan Poe avait déjà donné naissance à deux petits êtres morts nés et considérait les douleurs de l'enfantement comme un simple prélude à la délivrance d'un fardeau incommodant. Son mal de ventre pas si différent des autres la conduisant toujours au même endroit, petite bête d'habitudes et de peu de moyens, elle accoucha au dessus de la cuvette de la toilette et, épuisée par tant d'efforts, se coucha tout à coté, liée à la porcelaine froide par le cordon ombilical qui palpitait encore.
C'est ainsi que sa mère, créature revêche et de peu de mots la trouva à son retour du travail, presque morte et au bout de son sang.
La mère que rien n'effarouchait, se signa pourtant à la vue de la petite chose ensanglantée qui flottait dans la cuvette.
Elle coupa le cordon déjà séché et releva sa fille qui, avec l'aide de sa mère, trouva la force de se rendre sur son lit.
Convaincue de la mort du nouveau-né, la mère s'occupa de la fille, la lava, la rhabilla et lui donna à boire. Puis, elle retourna à la salle de bain se demandant si cette fois, considérant la grossesse déjà avancée de sa fille, l'enfant aurait pu vivre. C'était par simple curiosité, aucun regret à cette pensée car la mère avait déjà tant de soucis et si peu de goût pour la vie que de s'occuper d'un autre enfant ne lui aurait apporté aucune joie.
Alors qu'elle plongeait les mains dans l'eau rougie de sang, elle s'étonna de la souplesse du petit corps et lorsque de celui-ci un tressaillement se fit sentir, son premier réflexe fut de rejeter la chose dans l'eau et tirer la chasse.
Le bon sens la fit aussitôt changer d'idée. Jamais le bébé ne passerait dans le tuyau d'évacuation.
C'est donc grâce à sa grande taille et à son poids plus que généreux qu'Édingway vécu.
samedi 4 août 2007
Le retour

J'essais de ne pas en parler, consigne était donnée de ne pas en parler chez moi, mais les billets que je lis me ramènent tous vers la chose : l'école.
Cette semaine, en lien avec un billet de Jraffe revenue de vacances elle aussi et ayant retrouvé sa coquille de Gooba sur le blog " les rôles inversés chez Gooba ", je suis allée lire un autre billet, celui-ci sur l'excellent blogue du professeur masqué qui nous dévoile les raisons de son choix de carrière.
Plusieurs professeurs ont fait de même dernièrement sur leur blog ce qui m'a amené à me poser la même question. En toute franchise je vous répondrai que l'idée d'avoir deux mois de vacances l'été y a été pour quelque chose * clin d'oeil * C'est vrai.
La déception de mes parents, qui avaient de plus hautes ambitions pour moi, m'a évidemment poussée à faire le contraire de ce qu'ils désiraient, soit adhérer à un syndicat et devenir professeur avec l'option d'une éventuelle grève.
Finalement, comme j'ai toujours adoré lire, apprendre, observer, contempler et pouvoir partager tout ça avec d'autres je ne voyais que le métier de prof pour conjuguer avec harmonie tous ces plaisirs.
Jamais je n'ai pensé que j'aurais besoin d'un bac en administration pour classer tous les papiers que la direction dépose gentiment dans notre casier, non plus que je serais mieux équipée avec en surplus un bac en psycho. Heureusement j'avais suivi mon cours d'économie familiale en 6e année sinon jamais je ne serais arrivée à survivre avec le budget qui nous est alloué annuellement.
Par contre je me suis trouvée fort démunie face aux parents, étant trop jeune pour avoir connu la guerre froide entre les États-Unis et l'URSS. Je suis certaine que certaines tactiques m'auraient été fort utiles dans certaines discussions.
Ma mère, femme autoritaire s'il en est, ne m'a jamais préparée à affronter des enfants qui ne respectent pas les adultes. Je ne savais même pas que ça existait!!! C'est vous dire....
Par contre cela m'a fort bien servi dans mes rapports avec la direction.
Le contrôle des autres ne me dérangent pas je sais comment fermer la porte de ma classe.
Combien d'autres habiletés aurais-je dû posséder pour être le bon prof que je voulais être? Des centaines, parce que ce métier en demande tout autant.
Malheureusement, autant de qualités se retrouvent rarement chez une seule personne. Mes élèves et leurs parents doivent donc faire avec.
Le bonheur, c'est qu'ils auront la chance, tout au long de leur vie étudiante, de rencontrer plusieurs profs et ils finiront bien au bout de leur chemin par avoir connu toute une kyrielle de modèles d'enseignants aussi différents les uns que les autres. J'espère qu'ils pourront profiter du meilleur de ce que chacun d'entre nous ont à offrir et ainsi développer le goût du savoir et la tolérance envers l'humanité.
Cette semaine, en lien avec un billet de Jraffe revenue de vacances elle aussi et ayant retrouvé sa coquille de Gooba sur le blog " les rôles inversés chez Gooba ", je suis allée lire un autre billet, celui-ci sur l'excellent blogue du professeur masqué qui nous dévoile les raisons de son choix de carrière.
Plusieurs professeurs ont fait de même dernièrement sur leur blog ce qui m'a amené à me poser la même question. En toute franchise je vous répondrai que l'idée d'avoir deux mois de vacances l'été y a été pour quelque chose * clin d'oeil * C'est vrai.
La déception de mes parents, qui avaient de plus hautes ambitions pour moi, m'a évidemment poussée à faire le contraire de ce qu'ils désiraient, soit adhérer à un syndicat et devenir professeur avec l'option d'une éventuelle grève.
Finalement, comme j'ai toujours adoré lire, apprendre, observer, contempler et pouvoir partager tout ça avec d'autres je ne voyais que le métier de prof pour conjuguer avec harmonie tous ces plaisirs.
Jamais je n'ai pensé que j'aurais besoin d'un bac en administration pour classer tous les papiers que la direction dépose gentiment dans notre casier, non plus que je serais mieux équipée avec en surplus un bac en psycho. Heureusement j'avais suivi mon cours d'économie familiale en 6e année sinon jamais je ne serais arrivée à survivre avec le budget qui nous est alloué annuellement.
Par contre je me suis trouvée fort démunie face aux parents, étant trop jeune pour avoir connu la guerre froide entre les États-Unis et l'URSS. Je suis certaine que certaines tactiques m'auraient été fort utiles dans certaines discussions.
Ma mère, femme autoritaire s'il en est, ne m'a jamais préparée à affronter des enfants qui ne respectent pas les adultes. Je ne savais même pas que ça existait!!! C'est vous dire....
Par contre cela m'a fort bien servi dans mes rapports avec la direction.
Le contrôle des autres ne me dérangent pas je sais comment fermer la porte de ma classe.
Combien d'autres habiletés aurais-je dû posséder pour être le bon prof que je voulais être? Des centaines, parce que ce métier en demande tout autant.
Malheureusement, autant de qualités se retrouvent rarement chez une seule personne. Mes élèves et leurs parents doivent donc faire avec.
Le bonheur, c'est qu'ils auront la chance, tout au long de leur vie étudiante, de rencontrer plusieurs profs et ils finiront bien au bout de leur chemin par avoir connu toute une kyrielle de modèles d'enseignants aussi différents les uns que les autres. J'espère qu'ils pourront profiter du meilleur de ce que chacun d'entre nous ont à offrir et ainsi développer le goût du savoir et la tolérance envers l'humanité.
Quoi d'autre....Ah! Il m'apparait évident que j'adorais l'école et tout ce qui s'y rapportait, comme le papier et les crayons. Oh oui! Ça j'aimais beaucoup...Beaucoup.
Les enfants? Est-ce que j'adore les enfants? Les miens certainement. Ceux des autres? Hum...adorer est un mot trop fort naturellement. Aimer? Ce mot est trop facilement utilisé. Je n'arrive pas à dire que j'aime les enfants. C'est autre chose. Cela a un certain rapport avec le besoin de protéger les enfants, de les rendre heureux, de leur faire plaisir, de les regarder vivre, de les rendre plus forts, meilleurs, plus instruits. De voir des sourires sur leur visage, de les intéresser, de faire d'eux des adultes bons et courageux.
Il y a certains enfants que je finis par aimer bien sûr, parce qu'ils sont ce qu'ils sont, parce que nous nous sommes apprivoisés. D'autres envers qui je ne ressens qu'une gentille sympathie, qu'une loyauté de prof et d'adulte envers l'enfant qui mérite notre protection et notre aide. Mais aucun d'eux ne me laissent indifférente. Naturellement j'enseigne au primaire, les choses seraient sûrement différentes si j'étais prof au cegep ou à l'université. Finalement je trouve que j'ai fait un bon choix. Ça en fait au moins un dans ma vie!!!
(Si mes enfants http://bibconfidences.blogspot.com/2007/03/le-deuil-des-petits.html lisent ce blog ils ne doivent pas se sentir concernés par le mot choix. Ils n'étaient pas un choix, ils se sont trouvés là sur ma route et j'en suis ravie, c'est pas pareil. )
Les enfants? Est-ce que j'adore les enfants? Les miens certainement. Ceux des autres? Hum...adorer est un mot trop fort naturellement. Aimer? Ce mot est trop facilement utilisé. Je n'arrive pas à dire que j'aime les enfants. C'est autre chose. Cela a un certain rapport avec le besoin de protéger les enfants, de les rendre heureux, de leur faire plaisir, de les regarder vivre, de les rendre plus forts, meilleurs, plus instruits. De voir des sourires sur leur visage, de les intéresser, de faire d'eux des adultes bons et courageux.
Il y a certains enfants que je finis par aimer bien sûr, parce qu'ils sont ce qu'ils sont, parce que nous nous sommes apprivoisés. D'autres envers qui je ne ressens qu'une gentille sympathie, qu'une loyauté de prof et d'adulte envers l'enfant qui mérite notre protection et notre aide. Mais aucun d'eux ne me laissent indifférente. Naturellement j'enseigne au primaire, les choses seraient sûrement différentes si j'étais prof au cegep ou à l'université. Finalement je trouve que j'ai fait un bon choix. Ça en fait au moins un dans ma vie!!!
(Si mes enfants http://bibconfidences.blogspot.com/2007/03/le-deuil-des-petits.html lisent ce blog ils ne doivent pas se sentir concernés par le mot choix. Ils n'étaient pas un choix, ils se sont trouvés là sur ma route et j'en suis ravie, c'est pas pareil. )
vendredi 3 août 2007
Judith et Manon
Je pense à ces deux femmes ce matin en regardant mon nouveau bol à café, celui que je rêvais d’acheter depuis 2 mois.
Manon et Judith ont en commun un trait de personnalité qui m’enchante. L’amour et l’attachement qu’elles ont envers la plupart des objets qui composent leur univers respectif.
C’est un espèce de respect, de fidélité que j’ai de la difficulté à traduire en mot mais que vous comprendrez en lisant ces quelques lignes.
Les objets que l’on retrouve dans leur maison y sont depuis longtemps. Peu importe les déménagements, les modes, elles sont fidèles à ces objets achetés avec soin ou reçus avec amour.
Chacun de ses objets a une histoire et elles se souviennent toujours de la personne qui le leur a offert ou du lieu où elles l’ont déniché.
Le temps ne semble pas avoir de prise sur cet attachement et en posant nos yeux sur ces chats peints sur une assiette, ou ce cadre qui enjolivent le visage d’un être aimé, ou cette petite boîte rapportée de France, ou ce bel oiseau offert par une communauté amérindienne en signe de reconnaissance, on sent un bien-être nous envahir, une reconnaissance qui se fait en nous comme un repère sécurisant qui ne bouge pas dans notre vie mouvementée.
J’imagine que la maison de nos grands-parents était un lieu semblable où, enfants, nous sentions l’immuabilité des choses et du temps si rassurante pour les jeunes êtres que nous étions.
Nous avons tous en nous des souvenirs qui ont marqué nos jeunes années comme autant de traditions jalonnant notre vie. Ce bol à chips ou à peanuts que plaçait grand-maman sur la table fraîchement desservie sitôt le souper avalé, les décorations de Noël de notre enfance que notre mère ressortait année après année, la couverture à motif avec laquelle elle nous couvrait quand on était malade et qu’on était étendu sur le divan.
Vous avez de ces souvenirs matériels qui ont su régner dans votre mémoire?
La mode est une bien jolie chose, mais elle a la triste habitude de ne pas durer. Elle est à l’image des relations d’aujourd’hui qui sont trop souvent jetables ou des objets qui meublent notre vie et dont leur vie à eux ne dépasse rarement que quelques années.
Manon et Judith ont un décor qui leur ressemble, qui parle d’elles, de leur vie, de leurs amours, de leurs voyages, de leurs amis. C’est le plus beau décor qui soit à mes yeux. Je ne sais pas si elles savent à quel point je prends plaisir à poser mes yeux sur toutes ces petites choses qui sont leur univers. Leur ai-je seulement déjà dit?
Manon et Judith ont en commun un trait de personnalité qui m’enchante. L’amour et l’attachement qu’elles ont envers la plupart des objets qui composent leur univers respectif.
C’est un espèce de respect, de fidélité que j’ai de la difficulté à traduire en mot mais que vous comprendrez en lisant ces quelques lignes.
Les objets que l’on retrouve dans leur maison y sont depuis longtemps. Peu importe les déménagements, les modes, elles sont fidèles à ces objets achetés avec soin ou reçus avec amour.
Chacun de ses objets a une histoire et elles se souviennent toujours de la personne qui le leur a offert ou du lieu où elles l’ont déniché.
Le temps ne semble pas avoir de prise sur cet attachement et en posant nos yeux sur ces chats peints sur une assiette, ou ce cadre qui enjolivent le visage d’un être aimé, ou cette petite boîte rapportée de France, ou ce bel oiseau offert par une communauté amérindienne en signe de reconnaissance, on sent un bien-être nous envahir, une reconnaissance qui se fait en nous comme un repère sécurisant qui ne bouge pas dans notre vie mouvementée.
J’imagine que la maison de nos grands-parents était un lieu semblable où, enfants, nous sentions l’immuabilité des choses et du temps si rassurante pour les jeunes êtres que nous étions.
Nous avons tous en nous des souvenirs qui ont marqué nos jeunes années comme autant de traditions jalonnant notre vie. Ce bol à chips ou à peanuts que plaçait grand-maman sur la table fraîchement desservie sitôt le souper avalé, les décorations de Noël de notre enfance que notre mère ressortait année après année, la couverture à motif avec laquelle elle nous couvrait quand on était malade et qu’on était étendu sur le divan.
Vous avez de ces souvenirs matériels qui ont su régner dans votre mémoire?
La mode est une bien jolie chose, mais elle a la triste habitude de ne pas durer. Elle est à l’image des relations d’aujourd’hui qui sont trop souvent jetables ou des objets qui meublent notre vie et dont leur vie à eux ne dépasse rarement que quelques années.
Manon et Judith ont un décor qui leur ressemble, qui parle d’elles, de leur vie, de leurs amours, de leurs voyages, de leurs amis. C’est le plus beau décor qui soit à mes yeux. Je ne sais pas si elles savent à quel point je prends plaisir à poser mes yeux sur toutes ces petites choses qui sont leur univers. Leur ai-je seulement déjà dit?
dimanche 29 juillet 2007
Suite au billet de JRaffe.
Comme elle écrit toujours des billets intéressants je me permet souvent de répondre par un commentaire qui tente de traduire ma réaction en quelques mots. Après tout je ne suis pas chez " moi " et il n'est pas poli de prendre trop d'espace chez les autres parait-il.
Toujours est-il qu'on y parlait, entre autres choses, de quétaineries.
J'ai déjà parlé de ce sujet, encore suite à un blog, celui de l'homme en kilt, sur les quétaineries des uns qui ne sont pas toujours les quétaineries des autres.
Ça m'a donné envie de partager avec quelqu'un quelques unes des choses que j'aime et qui sont pourtant considérées comme étant quétaines.
Je ne sais toujours pas comment on fait pour juger de ce qui est quétaine ou pas, tellement la chose qui est somme toute, une question de goût, me semble une affaire personnelle comme tout ce qui touche l'objectivé.
Je me demande si parfois étant peu à l'aise avec nos choix ou nos préférences on se dépêche d'affirmer avant d'être jugé comme tel, que nous sommes quétaines d'aimer telle ou telle chose ou encore tel ou tel artiste. Que le dictionnaire me donne une définition, ou même plusieurs de la quétainerie, ne m'influence pas plus que lorsque je lis la définition de la beauté dans le petit Robert.
À ce compte, ma grand-mère qui était pourtant la plus belle femme du monde à mes yeux ne valait rien comme belle de jour, à part pour Dove peut-être...
Donc, j'adore les petites lumières en guirlande que l'on retrouve dans les campings. Lorsque j'étais petite, mes parents ainsi que les propriétaires des chalets voisins (eux-mêmes parents de mes amis de chalet ) avaient accroché tout le long du sentier qui reliait nos chalets des mètres et des mètres de ces petites lumières de plastique multicolores. Il me suffit aujourd'hui d'en revoir une pour ressentir à nouveau un enchantement et un plaisir presque physique à la pensée de ces jours heureux où je vivais un bonheur sans mélange.
J'adore aussi les casques de bain à fleurs. Je trouve ça joyeux et coloré et signe d'une imagination enthousiaste que possède peu de gens.
J'adore les nains de jardins parce qu'une vieille légende dit qu'ils sont les gardiens du foyer et qu'ils veillent sur le bonheur des familles.
Je ne vous nommerai pas tous les chanteurs dont on se plait à dire qu'ils sont quétaines et que j'aime.
Pourquoi s'excuser d'aimer Elvis?
Jamais au grand jamais on ne montre de frigo avec des penses-bêtes ou des aimants décoratifs dans les revues de déco et pourtant je ne connais pas une famille qui n'en ai au moins une. Aucun lien avec la quétainerie me direz-vous ? Pas si sûre...
Toujours est-il qu'on y parlait, entre autres choses, de quétaineries.
J'ai déjà parlé de ce sujet, encore suite à un blog, celui de l'homme en kilt, sur les quétaineries des uns qui ne sont pas toujours les quétaineries des autres.
Ça m'a donné envie de partager avec quelqu'un quelques unes des choses que j'aime et qui sont pourtant considérées comme étant quétaines.
Je ne sais toujours pas comment on fait pour juger de ce qui est quétaine ou pas, tellement la chose qui est somme toute, une question de goût, me semble une affaire personnelle comme tout ce qui touche l'objectivé.
Je me demande si parfois étant peu à l'aise avec nos choix ou nos préférences on se dépêche d'affirmer avant d'être jugé comme tel, que nous sommes quétaines d'aimer telle ou telle chose ou encore tel ou tel artiste. Que le dictionnaire me donne une définition, ou même plusieurs de la quétainerie, ne m'influence pas plus que lorsque je lis la définition de la beauté dans le petit Robert.
À ce compte, ma grand-mère qui était pourtant la plus belle femme du monde à mes yeux ne valait rien comme belle de jour, à part pour Dove peut-être...
Donc, j'adore les petites lumières en guirlande que l'on retrouve dans les campings. Lorsque j'étais petite, mes parents ainsi que les propriétaires des chalets voisins (eux-mêmes parents de mes amis de chalet ) avaient accroché tout le long du sentier qui reliait nos chalets des mètres et des mètres de ces petites lumières de plastique multicolores. Il me suffit aujourd'hui d'en revoir une pour ressentir à nouveau un enchantement et un plaisir presque physique à la pensée de ces jours heureux où je vivais un bonheur sans mélange.
J'adore aussi les casques de bain à fleurs. Je trouve ça joyeux et coloré et signe d'une imagination enthousiaste que possède peu de gens.
J'adore les nains de jardins parce qu'une vieille légende dit qu'ils sont les gardiens du foyer et qu'ils veillent sur le bonheur des familles.
Je ne vous nommerai pas tous les chanteurs dont on se plait à dire qu'ils sont quétaines et que j'aime.
Pourquoi s'excuser d'aimer Elvis?
Jamais au grand jamais on ne montre de frigo avec des penses-bêtes ou des aimants décoratifs dans les revues de déco et pourtant je ne connais pas une famille qui n'en ai au moins une. Aucun lien avec la quétainerie me direz-vous ? Pas si sûre...
mardi 24 juillet 2007
Faut pas croire tout c'qu'on lisse
Hier midi assise à l'espace bouffe du complexe Desjardins j'attends une amie qui commande le couscous. Je suis tranquille comme une jeune fille sage car faute de place, nous avons du nous asseoir à coté d'une femme superbe dans la plénitude de l'âge.
Il n'y a pas que son visage qui est magnifique, son expression d'un calme olympien, ses yeux qui ne cillent pas, son visage calme qu'aucune inquiètude ne trouble est hypnosant et mes yeux sans le vouloir reviennent sans arrêt se poser sur lui.
Les gens passent devant elle comme des fantômes, rien ne la distrait, elle ne fronce pas les sourcils même quand une vieille femme ivre s'accroche devant nous dans son foulard simili indien qui traîne par terre. Moi je sursaute quand le cellulaire d'un homme se met à chanter la marseillaise, elle, ne fait que tourner la tête vers le patriote sans qu'un seul muscle de sa bouche n'ai frémit.
Elle m'impressionne.
Un homme lui demande si le journal lui appartient, son regard marmonéen se pose sur lui et c'est à peine si ses lèvres se déscellent pour lui jeter un oui sans chaleur et dénué d'invite même si le monsieur était franchement admiratif et lui -même assez bien de sa personne.
Là où mon admiration se transforme en atterration c'est quand une petite fille se plante devant notre table en état de curiosité indéniable devant mon cabas de paille orné de belles fleurs roses et oranges. Elle est si mignonne qu'elle arracherait un sourire à un banquier. Mais la Vénus du snack la regarde avec un sourire si étrange que je commence à douter de son bon sens.
Tout à coup elle s'anime, une autre dame au maintien très digne s'installe, c' est la copine qu'elle attendait. La mienne aussi se pointe avec notre assiette et la conversation s'engage entre nous, entrecoupée de silencieuses mastications qui me permettent SANS QUE JE LE VEUILLE, si, si, sans que je le veuille, (d'écouter) d'entendre malgré moi, ce qui se dit à la petite table à coté.
On y parlait de chirurgie esthétique et des nouvelles technologies qui permettent de rester jeunes et belles.
Et mes voisines de se toucher les lèvres et le nez et les joues, alouette! Et je comprends qu'elles ont eu toutes les deux un traitement de botox et qu'elles s'en réjouissent.
C'était là le secret de ma voisine. Son visage aux muscles inexpressifs était en fait un masque sous lequel ne palpitaient plus que des nerfs et des muscles maîtrisés par une toxine botanique.
Mon admiration est tombée sur le coup, remplacée par un soupçon de colère mêlé d'amertume.
Peut-être étais-je aussi un peu jalouse ou ma pensée était-elle empreinte d'un sentiment d'injustice face à la facilité que possède certaines personnes à obtenir ainsi la beauté et la jeunesse.
Moi je vais vieillir en voyant l'outrage du temps marquer mon visage. Chaque ride racontera l'histoire de ma vie. Je ne m'en glorifie pas tant que ça vous savez, j'aimerais bien moi aussi être aussi belle que la dame.
La fillette est revenue vers nous, mon sourire est réapparu sur mon visage, elle m'a tendue la main et je lui ai donné mes belles fleurs à toucher.
Nous avions toutes les deux le même sourire. À ce moment-là une pensée furtive a traversée mon esprit. Je regardai à nouveau ma voisine, j'étais sûrement la moins belle de nous deux, mais je me suis demandé à ce moment-là qui de moi ou de ma voisine était la plus proche de la jeunesse.
Il n'y a pas que son visage qui est magnifique, son expression d'un calme olympien, ses yeux qui ne cillent pas, son visage calme qu'aucune inquiètude ne trouble est hypnosant et mes yeux sans le vouloir reviennent sans arrêt se poser sur lui.
Les gens passent devant elle comme des fantômes, rien ne la distrait, elle ne fronce pas les sourcils même quand une vieille femme ivre s'accroche devant nous dans son foulard simili indien qui traîne par terre. Moi je sursaute quand le cellulaire d'un homme se met à chanter la marseillaise, elle, ne fait que tourner la tête vers le patriote sans qu'un seul muscle de sa bouche n'ai frémit.
Elle m'impressionne.
Un homme lui demande si le journal lui appartient, son regard marmonéen se pose sur lui et c'est à peine si ses lèvres se déscellent pour lui jeter un oui sans chaleur et dénué d'invite même si le monsieur était franchement admiratif et lui -même assez bien de sa personne.
Là où mon admiration se transforme en atterration c'est quand une petite fille se plante devant notre table en état de curiosité indéniable devant mon cabas de paille orné de belles fleurs roses et oranges. Elle est si mignonne qu'elle arracherait un sourire à un banquier. Mais la Vénus du snack la regarde avec un sourire si étrange que je commence à douter de son bon sens.
Tout à coup elle s'anime, une autre dame au maintien très digne s'installe, c' est la copine qu'elle attendait. La mienne aussi se pointe avec notre assiette et la conversation s'engage entre nous, entrecoupée de silencieuses mastications qui me permettent SANS QUE JE LE VEUILLE, si, si, sans que je le veuille, (d'écouter) d'entendre malgré moi, ce qui se dit à la petite table à coté.
On y parlait de chirurgie esthétique et des nouvelles technologies qui permettent de rester jeunes et belles.
Et mes voisines de se toucher les lèvres et le nez et les joues, alouette! Et je comprends qu'elles ont eu toutes les deux un traitement de botox et qu'elles s'en réjouissent.
C'était là le secret de ma voisine. Son visage aux muscles inexpressifs était en fait un masque sous lequel ne palpitaient plus que des nerfs et des muscles maîtrisés par une toxine botanique.
Mon admiration est tombée sur le coup, remplacée par un soupçon de colère mêlé d'amertume.
Peut-être étais-je aussi un peu jalouse ou ma pensée était-elle empreinte d'un sentiment d'injustice face à la facilité que possède certaines personnes à obtenir ainsi la beauté et la jeunesse.
Moi je vais vieillir en voyant l'outrage du temps marquer mon visage. Chaque ride racontera l'histoire de ma vie. Je ne m'en glorifie pas tant que ça vous savez, j'aimerais bien moi aussi être aussi belle que la dame.
La fillette est revenue vers nous, mon sourire est réapparu sur mon visage, elle m'a tendue la main et je lui ai donné mes belles fleurs à toucher.
Nous avions toutes les deux le même sourire. À ce moment-là une pensée furtive a traversée mon esprit. Je regardai à nouveau ma voisine, j'étais sûrement la moins belle de nous deux, mais je me suis demandé à ce moment-là qui de moi ou de ma voisine était la plus proche de la jeunesse.
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