lundi 21 avril 2008

La violence

La journée où on devra m'envoyer suivre une formation pour contrer ou faire face à la violence dans les écoles je changerai d'job.
Si j'avais voulu entrer dans la police j'aurais fait médecine légale, pas SWAT.
Je regrette mais y un moment où il faut cesser de dépasser ses limites.
La neige a fondu plus vite que mes kilos, c'est pas du jeu.
Si le soleil faisait fondre les bourrelets je serais la première à m'offrir en sacrifice à RÂ.
J'ai déjà commencé à avoir chaud dans ma classe, la chaleur me fout en rogne. J'suis pas une estivale moi.
Un jour j'irai enseigner le français dans le nord de l'Angleterre pendant l'été.
Si vous avez écouté Bones la semaine passée vous avez dû flipper autant que moi.
Mulder et Scully reviennent au grand écran, vont-ils vivrent une aventure torride? Ça m'intéresse plus que le sort des ET.
J'suis fille de même.

Non mais...j'étais partie manger des nachos et écouter l'entrevue de Micheline Lanctôt et ça m'a donné le goût de revenir.
Non mais, c'est vrai...déjà qu'on va m'obliger à donner des cours d'éthique religieuse et blablabla...quelque chose dont je me fous totalement, quelque chose qui n'a aucune raison d'être dans une école, quelque chose qui va coûter des dollars de bullshit qui ne serviront absolument à rien d'autre qu'à justifier nos pousses-crayons et le poste de ministre de l'éducâtion, s'il faut en plus qu'on me prenne mon précieux temps pour me former à réagir à la "violence" ben là cibole, c'est l'bout d'la marde.
Heille...je suis capable de faire face merci, à mes élèves. Et si j'étais pas capable ben c'est que l'élève a pas d'affaire là.
Ou moi j'ai pas d'affaire là.
Prenez cet argent et donnez-le aux familles...donnez-le aux mères monoparentales qu'elles achètent des vêtements et de la bouffe....Donnez-le au docteur Julien, donnez-le aux enfants, mais de grâce, pas aux psychologues qui vont me donner de la paperasse et des feuilles de route qui n'en finissent plus de se faire remplir, qui vont me donner des pancartes d'oiseaux à rameaux à installer dans ma classe avec la plastine bleue qui ne tache pas et qui ne colle pas.
La violence à l'école...Forme-t-on les enfants pour se protéger des coups bas de la vie? On devrait commencer par là.
Qu'on me comprenne bien; je ne nie pas la violence, elle est partout, dans les rues ( je suis d'à propos ce matin, go habs go!) dans les familles, dans le couple, dans les écoles. Elle a toujours été présente partout.
Ce que je nie c'est ce beau message de la ministre. Ça ne changera pas, ça va alourdir notre tâche de gestion, ça va faire encore plus de papier, plus de PIA, plus de blablabla, plus de bonnes intentions mais au bout du compte, on n'y pourra rien. Parce que les rapports et les placotages avec les psy ça vaut rarement quelque chose.

3 commentaires:

Zoreilles a dit…

« Forme-t-on les enfants pour se protéger des coups durs de la vie? On devrait commencer par là » disais-tu.

Je suis tellement 100 % d'accord avec toi.

D'abord, est-ce qu'on leur apprend comment réagir à un non?

Non!

Ma fille était comme ça, petite, elle ne savait vraiment pas réagir à un non. Elle pensait juste que je n'avais pas bien saisi la question ou qu'elle n'avait pas réussi à bien expliquer son affaire, me vendre son idée. Alors, elle la posait autrement, avec des arguments plus solides, convaincants, mieux expliqués, ça lui a au moins appris à négocier sans violence. Et Dieu sait comme elle a peaufiné son truc!!!

Je suis toujours étonnée de constater jusqu'à quel point on comble maintenant les désirs des enfants avant même qu'ils aient eu le temps de penser à peut-être vouloir à un moment donné désirer quelque chose... Je trouve ça triste que les enfants rêvent moins qu'avant, jouent moins dehors, moins en gang, plus individuellement, etc.

La violence a toujours existé dans la cour d'école. À preuve, ces vieux classiques, « m'as t'attendre à 4 heures après l'école », « tiens donc ma boîte à lunch que j'y pète la yeule en sang », « que j'en weille un pour wère toucher à un cheveu de mon p'tit frère », « va chier, Chabot, avant d'awère la balloune, va fallouère que tu me passes su'l'corps », etc. Dans notre temps, (bon, ça y est, je suis vieille) on réglait ça entre nous, on apprenait ÉNORMÉMENT avec la méthode « do it yourself » très efficace et qui ne coûtait rien à l'état. Les profs en avaient bien assez sur les bras avec l'académique, la préparation de classe, la correction des exercices et examens.

Je trouve dommage que l'éducation et le développement des enfants soient à ce point devenus une affaire d'état, institutionnalisée à mort, prise en charge par des hauts fonctionnaires, avec paperasses et formulaires en trois copies. La déresponsabilisation des parents est-elle une cause ou une conséquence à cela?

Le professeur masqué a dit…

Bibco: en même temps je suis d'accord avec tes idées, en même temps je considère que les enseignants manquent de formation quant à la violence en classe. Celle-ci permet d'éviter des problèmes, d'être blessé, de savoir comment bien réagir.

Il y a des profs qui l'ont, d'autres pas. Je te donne un exemple. Un jour, un élève tape une crise de nerfs dans une classe. Il insulte le prof et dit : «Je vas sacrer mon camp d'ici!» Le prof, pour ne aps eprdre la face, se met devant la porte pour en bloquer l'accès. Arrive ce qui devait arriver: le prof se fait bousculer et l'élève sort.

Même scénario un jour dans ma classe. Ma réaction: «Tu sors. Ok». J'ouvre la porte, je me retire et je lui dis d'y aller. L'élève a pété sa coche dans le corridor, les surveillants l'ont ramassé et il est revenu en classe quand je me suis senti près à l'accueillir et quand il a compris que, s'il décidait qu'il pouvait sortir, je décidais quand il pourrait rentrer.

L'incident a été violent, mais on m'a appris à éviter d'amplifier les choses.

C'est dans ce sens-là que ej me dis que ce genre de formation peut jouer un rôle positif pour le prof et les élèves.

bibconfidences a dit…

Je suis d'accord prof masqué, c'est bien d'avoir la bonne façon de réagir. Mais ce n'est pas ça que j'avais envie de faire quand j'ai décidé d'être enseignante. Je suis quelqu'un de très doux et j'ai beaucoup de respect pour mes semblables. Je croyais qu'enseigner irait de soi... Je n'ai pas envie de savoir quoi faire parce que je ne veux pas avoir à le faire. Si nous en sommes rendus à devoir suivre des cours pour apprendre à faire face à des élèves violents je préfère changer de métier.