lundi 6 juin 2016

Seule mais pas trop

Il fut un temps, jadis, où être seule avec la perspective de l'être pour toujours m'anéantissait de douleur.
Je m'étais construite avec le regard de l'autre, fût- il critique ou bienveillant.
Et puis, un jour,  il n'est plus resté que le chemin de la solitude sur mon parcours chaotique et
c'est comme ça depuis 2 ans.
Oh que j'en ai traversé des murs et des torrents, laissant au passage des petits bouts de moi effilochés et incertains d'être encore connectés à mon âme...
Et puis sont venus des nuits et des jours de tourmente à se sentir coupable de vouloir *se coucher sur l'asphalte et se laisser mourir alors qu'on a la santé, ses enfants et sa famille qui nous entourent et veillent sur nous.
Et puis il y a eu des jours et des nuits où j'ai cru que je ne serais plus seule. Mais deux solitudes ne font pas un tout. Deux solitudes demeurent seules.
Et puis il y a maintenant, qui revient, de plus en plus souvent.
Maintenant où je suis assise à écouter la Bohême en sentant mon coeur s'emplir se désirs, d'émotions, de beautés et de perfection. D'indicible reconnaissance également, parce qu'il y a ce moment, là, présentement, où je ressens sans aucun besoin du regard d'autrui, un bonheur indéfectible.
Je me dis parfois qu'apprécier "d'être" sans l'autre, me demandera toujours une bonne dose de volonté. Ou de rosé.
Mais il n'en demeure pas moins que ces moments où le mystique flirte avec ma réalité, reviennent plus souvent qu'avant.
Bien sûr, avec le temps, je croiserai d'autres corps,  je parlerai peut-être toute seule en marchant ou je pleurerai  au cinéma quand personne ne le fait,  mais je souffrirai également moins d'être seule qu'hier.
Et puis il y l'écriture.
Il y a l'espoir.
Il y a la vie.
Mais il restera toujours une attente, un espoir, une envie, un manque.


*Chanson de Fabienne Thibault pour Starmania, Stone le monde est Stone.

lundi 21 décembre 2015

Noël c'est l'amour

En vieillissant, y a-t-il un déplacement d'attachements protecteurs? C'est comme si tout à coup, la période de Noël ne revêtait plus les mêmes émotions en ce qui a trait à ma famille... Autant les souvenirs émouvants qui m'envahissent à cette époque de l'année concernent surtout mes enfants, autant cette année, je pense très fort à mes parents. Mes enfants sont toujours dans mon coeur, mais la mélancolie de ces Noël de leur enfance, semble aujourd'hui céder la place à l'urgence de profiter d'un Noël avec ma mère et mon père.
Mes trois enfants ont définit les trente dernières années de ma vie. Entourés de leurs grands-parents, de leur père et de moi, ils baignaient dans un amour inconditionnel. Leurs fêtes de Noël étaient illuminées de joie et d'amour. Nous avons toujours voulu qu'il y ait de la magie à Noël et il y en avait...Mais aucune magie n'a eu le pouvoir de suspendre le temps. Comme la vie, celui-ci a passé et j'ai longtemps eu de la difficulté à prendre plaisir aux Noël qui ont suivis, ceux que leur petite enfance avait désertés.  Puis, l'an passé, un Noël différent a doucement pris sa place, un Noël où je n'avais plus de partenaire de vie, mais où il y avait toujours ma famille. Un Noël de paix, de tranquillité entourée des miens.
Un tour de saison encore et cette année, l'étonnement de ne plus, ou presque, ressentir de mélancolie.  Une mélancolie remplacée par le désir d'être dans la maison de mes parents, de les voir, d'être avec eux.
L'impérieux passage du temps se fera sentir bien assez vite.
Avant que la mélancolie ne revienne, il me faut profiter de la joie et du bonheur de les avoir avec moi, veillant encore sur leurs enfants et leurs petits-enfants, illuminant encore une  fois de leur présence, ce Noël qui arrive à nos portes.
Joyeux Noël à vous et tous ceux que vous aimez.

lundi 20 juillet 2015

Les petits bruits

Les petits bruits que j'aime sont comme des mots qui me font sourire. Bien sûr, il y a les bruits qui font l'unanimité : le rire des enfants, le refrain d'une mélodie que l'on fredonne, la voix de l'être aimé, le chant des oiseaux et le pop d'une bière fraîche qu'on décapsule.
Mais chercher plus loin, fermez vos yeux, trouvez vraiment les sons que vous aimez.
Pour moi il y a le chant des outardes, le vent dans la forêt, le ressac, le bruit de la fontaine, le bruit des lames de patins qui crissent sur la glace, le son de la cornemuse, mes ongles qui tapotent le clavier, cliquetis dans fin ...l'accent du sud de la France, l'accent de l'Italie partout partout, les glaçons qui tintent dans le verre, la musique feutrée du métro, le pas de mes enfants qui montent l'escalier, le Ho Ho Ho du père Noël, les clochettes des rennes et tant d'autres que j'oublie mais que j'ajouterai. Peut-être...
Ah, et un ami m'a parlé du son du criquet...je lui ai promis de l'ajouter!

mardi 14 juillet 2015

Les petits mots

Ce matin au parc, merveilleux parc... il y avait un couple. Un monsieur et sa dame, pas de la prime jeunesse, mais encore assez à l'aise pour dégringoler la pente d'herbe au lieu de prendre le sentier.
À un moment, le monsieur inquiet de sa douce s'est retourné et lui a dit : " Ça va mon adorée?"
Ah mon Dieu, mon coeur n'a fait qu'un tour! Je vote pour lui...quel concours? name it, le plus bel homme de l'année, le souper presque parfait, le gagnant de la foire agricole de St-Hyacinthe...m'en fous, il gagne!
"Mon adorée..."
La dernière fois que j'ai eu autant d'envie qu'on me donne un petit nom amoureux c'était en songeant à Louis de Funès. Il appelait sa femme "ma biche".
J'ai tellement voulu que lui ou lui m'appelle ma biche...je le suggérais discrètement allant jusqu'à louer le film de Funès afin de m'exclamer fort à propos sur ce craquant surnom...
Mais, rien n'y fit. Comme le reste d'ailleurs...
Ma biche... Peut-être que ça va m'arriver un jour :-)
Enfin, si je trouve quelqu'un pour le dire.

(Je ne ressemble pas du tout à une biche, mais c'est tellement plein de douceur ce mot...ma biche...)

vendredi 10 juillet 2015

Confidences à la mariée.

Lorsque je reviens du marché Jean Talon,  j'aime bien passer  par la rue St-Laurent. Dès qu'on a traversé Bernard, c'est un régal pour les yeux de la designer de coeur que je suis. Peut-être est-ce dû à la présence des gens d'Ubisoft dans le quartier, mais la qualité des objets qui ornent les belles vitrines est indéniable. Il y a aussi les petits restos avec leurs grandes portes jardins, les belles chaises vertes de plastique qui ornent la terrasse de la Cuccina, les galeries d'arts où tout est nouveau et inusité.
Tout est invitant. Puis, la promenade culturelle fait une pause zen au petit parc entre Laurier et St-Joseph.

"Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté". Voilà ce qui est gravé sur la façade du magnifique bâtiment qui trône au bout de l'allée de ce parc verdoyant. Au milieu, la fontaine. Elle est parfaite. c'est un oasis de calme et de beauté.

À ma dernière promenade sur cette rue, je m'y suis arrêtée et assise. Pas dans la fontaine, mais sur un des bancs qui la bordent.
Cet après-midi là, il y avait une mariée, une future mariée. Elle était avec ses amies, célébrant sûrement ses noces imminentes en se promenant riant et coiffée d'un voile léger de tulle et de dentelle. Je la regardais et je l'enviais. J'aurais voulu m'approcher d'elle et lui dire à l'oreille quelques mots.

"Tu ne sais pas à quel point je t'envie. Je voudrais te dire de ne jamais baisser la garde, car il y aura de ces journées où l'amour te tiendra tête. Laisse-le être qui il est, laisse le prendre les rênes. Ne fais pas l'erreur de laisser l'amour s'apprivoiser jusqu'à devenir une petite bête domestique qu'on abandonne un jour  pour une nouvelle maison.
Laisse l'indomptable amour te désarçonner, laisse le t'affaiblir jusqu'à la pâleur puis de nouveau, qu'il te prenne dans ses bras pour te faire rougir de plaisir jusqu'à la brûlure. L'incandescence de l'amour ne devrait jamais tiédir".

Mais je ne le lui dirai pas, personne ne lui dira. L'erreur se répète ainsi, de mariage en mariage, union après union. Le désir de dompter le rebelle amour, le besoin de le dépouiller de tout son mystère, de le faire sien, de le rendre à son image, de le boire jusqu'à la lie, d'en faire sa chose plutôt que d'être la sienne, est un désir contre lequel nous ne pouvons rien.

Et lorsque l'on croit que l'amour n'a plus de secret, que ce n'était après tout, "que ça", qu'on a bien raison de dire que ça ne dure pas, c'est là que l'amour s'en va, remplacé par l'ennui, qui lui, n'a aucun problème à se faire vôtre pour le reste de votre vie.

Que ne donnerais-je pas pour affronter de nouveau l'amour? Cet ennemi délicieux.
Et perdre.


jeudi 9 juillet 2015

De Pablo Picasso

LA RECETTE DU BONHEUR D'APRÈS PICASSO
Laisse de côté tous les chiffres non indispensables à ta survie.
Ceci inclut l'âge, le poids, la taille.
Que cela préoccupe seulement le médecin, il est payé pour ça.
Fréquente de préférence des amis joyeux, les pessimistes ne te conviennent pas.
Continue de t'instruire... Apprends sur les ordinateurs, l'artisanat, le jardinage, etc...
Ne laisse pas ton cerveau inoccupé, un mental inutilisé est l'officine du diable.
Et le nom du diable est Alzheimer !
Ris le plus souvent possible, et surtout de toi-même!
Quand viennent les larmes, accepte, souffre et ... continue d'avancer.
Accueille chaque jour qui se lève comme une opportunité, et pour cela, ose entreprendre.
Laisse tomber la routine, préfère les nouvelles routes aux chemins mille fois empruntés !
Efface le gris de ta vie et allume les couleurs que tu possèdes à l'intérieur.
Exprime tes sentiments pour ne jamais rien perdre des beautés qui t'entourent.
Que ta joie rejaillisse sur ton entourage et abats les frontières personnelles que le passé t'a imposées. Mais, rappelle-toi : l'unique personne qui t'accompagne toute la vie, c'est toi-même.
Sois vivant dans tout ce que tu fais !
Entoure-toi de tout ce que tu aimes : famille, animaux, souvenirs, musique, plantes, un hobby... tout ce que tu veux...
Ton foyer est ton refuge, mais n'en deviens pas prisonnier.
Ton meilleur capital, la santé. Profites-en, si elle est bonne ne la détruis pas, si elle ne l'est pas, ne l'abîme pas davantage.
Sors dans la rue, visite une ville ou un pays étranger, mais ne t'attarde pas sur les mauvais souvenirs.
Il y a des êtres qui font d'un soleil une simple tache jaune, mais il y en a aussi qui font d'une simple tache jaune, un véritable soleil.
Pablo PICASSO

mardi 30 juin 2015

L'accordeur d'âmes

Je parle beaucoup de musique dans ce petit blogue. Ici, c'est un espace modeste, mais l'amour de la musique y est gigantesque.
Pas que l'amour de la musique, l'amour pour les mots aussi.
En ce moment, j'écoute Jacques Michel, Viens, Jacques Brel, La Fanette... Quand je les écoute, quand j'écoute Moustaki, Bécaud, Aznavour, Renaud et tous les autres, je suis ailleurs, je suis chez eux. Je suis là où ces mots ont été écrits, sur le papier. avant que d'être chantés.
Je suis en Abitbi, en France, en Belgique, en Grèce, partout où ils sont nés.
Si le monde n'était que musique, les accords seraient partout. Entre les peuples, entre les nôtres qui n'ont de compatriote que le nom, entre les patrons et les employés, entre lui et elle, entre eux.
Si le monde n'était que musique, les accordeurs d'âmes seraient légion. Ils auraient dans leur escarcelle un petit marteau pour taper sur la tête de ceux qui n'y comprennent rien. Leur oreille saisirait la moindre nuance de désaccord. Toc, petit coup. Toc, toc, cesses de parler, écoute le. Ouvre tes oreilles nigaud, écoute.
Tous les accordeurs s'accorderaient ensemble pour nous apprendre l'harmonie.
Dans toutes les gammes nous saurions dire je t'aime, pardon, bienvenue.
L'Alto, le soprano, le ténor, tous, dans une seule voix, se lèveraient à l'unisson pour chasser le gris.
Le rire des enfants s'élèverait en cascades de trilles mélodieuses avec le choeur des adultes qui les aiment, jamais très loin.
Si le monde était musique, nous serions des notes, des blanches et des noires sur le même clavier et,  dans un accord parfait, nous jouerions, ensemble.
Merci à mon ami Marc-André pour continuer à me faire connaître encore plus de musique.