lundi 1 avril 2019

La présence.

Quand un espace vide depuis longtemps se remplit subitement,  il y a  ce phénomène d'expansion des parois qui cherchent à s'ajuster à cette présence nouvelle.
Ça tire dans tous les sens, ça fait mal, ça s'ajuste...c'est comme la vie qui revient.

mercredi 20 février 2019

Il

Je me demande encore pourquoi lui ? 
Pourquoi un être plus qu’un autre continue-t-il de nous
habiter ? Il n’y a que son âme qui se connectait à 
la mienne. C’est une question de lumière, de bonheur, 
de ravissement. Il faisait de moi un cœur heureux.
Il était là et ma joie existait. 

dimanche 23 septembre 2018

L'amour par procuration

Est venu le temps où les histoires d'amour qui faisaient battre mon coeur ne sont plus que celles des autres.
Les autres au cinéma surtout, parce que dans la vie, les heureuses se font discrètes, comme dans la chanson et les malheureuses fleurissent si bien qu'elles n'ont pas besoin qu'on parle d'elles pour exister.
Je ne sais plus le nombre des amours qui m'ont fait sourire, pleurer ou prier.
Beaucoup.  Malgré le temps qui passe et qui m'apporte la certitude que plus jamais je n'aurai la mienne, je ne me lasse pas de regarder celles qui ne m'appartiennent pas.
Ce n'est pas que cela me fasse du bien, mais qu'importe, lorsque je les vis, par procuration, mon coeur d'aimer ne cesse pas.
J'ai toujours été douée d'une grande empathie.

dimanche 5 août 2018

Le vert été

Il fait chaud, trop chaud. Contrairement à mon coeur dont les battements s’affichent en lignes bien droites, parallèles et mornes sur l’écran imaginaire de mes jours, mes cheveux eux, s’affolent en volutes frisottées, défiant le fer plat de les dompter. En vain.
J’ai une tête de Gorgonne et les nouvelles pousses de l’asperge parapluie suspendue au dessus de moi, s’emmêlent dans mes boucles rousses comme tombées amoureuses du cheveu tortillé.
Elle est belle mon aspergus. Mon pouce à verdit d’amour pour elle et ma ménagerie végétale ne souffre d’aucune perte.
Le vert été c’est qu’il faut bien que du bon pousse parfois.

lundi 6 juin 2016

Seule mais pas trop

Il fut un temps, jadis, où être seule avec la perspective de l'être pour toujours m'anéantissait de douleur.
Je m'étais construite avec le regard de l'autre, fût- il critique ou bienveillant.
Et puis, un jour,  il n'est plus resté que le chemin de la solitude sur mon parcours chaotique et
c'est comme ça depuis 2 ans.
Oh que j'en ai traversé des murs et des torrents, laissant au passage des petits bouts de moi effilochés et incertains d'être encore connectés à mon âme...
Et puis sont venus des nuits et des jours de tourmente à se sentir coupable de vouloir *se coucher sur l'asphalte et se laisser mourir alors qu'on a la santé, ses enfants et sa famille qui nous entourent et veillent sur nous.
Et puis il y a eu des jours et des nuits où j'ai cru que je ne serais plus seule. Mais deux solitudes ne font pas un tout. Deux solitudes demeurent seules.
Et puis il y a maintenant, qui revient, de plus en plus souvent.
Maintenant où je suis assise à écouter la Bohême en sentant mon coeur s'emplir se désirs, d'émotions, de beautés et de perfection. D'indicible reconnaissance également, parce qu'il y a ce moment, là, présentement, où je ressens sans aucun besoin du regard d'autrui, un bonheur indéfectible.
Je me dis parfois qu'apprécier "d'être" sans l'autre, me demandera toujours une bonne dose de volonté. Ou de rosé.
Mais il n'en demeure pas moins que ces moments où le mystique flirte avec ma réalité, reviennent plus souvent qu'avant.
Bien sûr, avec le temps, je croiserai d'autres corps,  je parlerai peut-être toute seule en marchant ou je pleurerai  au cinéma quand personne ne le fait,  mais je souffrirai également moins d'être seule qu'hier.
Et puis il y l'écriture.
Il y a l'espoir.
Il y a la vie.
Mais il restera toujours une attente, un espoir, une envie, un manque.


*Chanson de Fabienne Thibault pour Starmania, Stone le monde est Stone.

lundi 21 décembre 2015

Noël c'est l'amour

En vieillissant, y a-t-il un déplacement d'attachements protecteurs? C'est comme si tout à coup, la période de Noël ne revêtait plus les mêmes émotions en ce qui a trait à ma famille... Autant les souvenirs émouvants qui m'envahissent à cette époque de l'année concernent surtout mes enfants, autant cette année, je pense très fort à mes parents. Mes enfants sont toujours dans mon coeur, mais la mélancolie de ces Noël de leur enfance, semble aujourd'hui céder la place à l'urgence de profiter d'un Noël avec ma mère et mon père.
Mes trois enfants ont définit les trente dernières années de ma vie. Entourés de leurs grands-parents, de leur père et de moi, ils baignaient dans un amour inconditionnel. Leurs fêtes de Noël étaient illuminées de joie et d'amour. Nous avons toujours voulu qu'il y ait de la magie à Noël et il y en avait...Mais aucune magie n'a eu le pouvoir de suspendre le temps. Comme la vie, celui-ci a passé et j'ai longtemps eu de la difficulté à prendre plaisir aux Noël qui ont suivis, ceux que leur petite enfance avait désertés.  Puis, l'an passé, un Noël différent a doucement pris sa place, un Noël où je n'avais plus de partenaire de vie, mais où il y avait toujours ma famille. Un Noël de paix, de tranquillité entourée des miens.
Un tour de saison encore et cette année, l'étonnement de ne plus, ou presque, ressentir de mélancolie.  Une mélancolie remplacée par le désir d'être dans la maison de mes parents, de les voir, d'être avec eux.
L'impérieux passage du temps se fera sentir bien assez vite.
Avant que la mélancolie ne revienne, il me faut profiter de la joie et du bonheur de les avoir avec moi, veillant encore sur leurs enfants et leurs petits-enfants, illuminant encore une  fois de leur présence, ce Noël qui arrive à nos portes.
Joyeux Noël à vous et tous ceux que vous aimez.

lundi 20 juillet 2015

Les petits bruits

Les petits bruits que j'aime sont comme des mots qui me font sourire. Bien sûr, il y a les bruits qui font l'unanimité : le rire des enfants, le refrain d'une mélodie que l'on fredonne, la voix de l'être aimé, le chant des oiseaux et le pop d'une bière fraîche qu'on décapsule.
Mais cherchez plus loin, fermez vos yeux, trouvez vraiment les sons que vous aimez.
Pour moi il y a le chant des outardes, le vent dans la forêt, le ressac, le bruit de la fontaine, le bruit des lames de patins qui crissent sur la glace, le son de la cornemuse, mes ongles qui tapotent le clavier, cliquetis dans fin ...l'accent du sud de la France, l'accent de l'Italie partout partout, les glaçons qui tintent dans le verre, la musique feutrée du métro, le pas de mes enfants qui montent l'escalier, le Ho Ho Ho du père Noël, les clochettes des rennes et tant d'autres que j'oublie mais que j'ajouterai. Peut-être...
Ah, et un ami m'a parlé du son du criquet...je lui ai promis de l'ajouter!